Avis vérifié · via BilletReduc

« Un naufrage narcissique Ce qui est annoncé comme un spectacle par Claire Isirdi tient… »

Spectateur·rice

Un naufrage narcissique
Ce qui est annoncé comme un spectacle par Claire Isirdi tient davantage du déversement impudique que de la création scénique. On assiste à une forme hybride, entre récit auto-centré et performance brouillonne, qui frôle le néant théâtral. Le texte, écrit à la première personne avec la solennité d’un sonnet d’Oronte, étale des considérations creuses sous couvert d’introspection. On cherche en vain un souffle, un enjeu, un propos. Tout semble prétexte à parler de soi, sans filtre, sans construction, sans exigence. L’ensemble est d’une puérilité désarmante, un bavardage adolescent qui prétend à la lucidité. Claire Isirdi, visiblement persuadée d’incarner une parole forte et libérée, livre en réalité un numéro confus et autocentré. Le spectacle tourne court, asphyxié par son propre ego. Et l’on comprend vite que, pour elle, tout – absolument tout – peut être matière à s’exposer : émotions, états d’âme, blessures réelles ou fantasmées. L’impression tenace qui se dégage est celle d’une artiste prête à traverser les océans — et la morale — pour satisfaire son besoin d’attention. La scène devient alors le prolongement d’un terrain de chasse affectif : on y devine une volonté de plaire à tout prix, de séduire coûte que coûte, même au détriment du théâtre, de la finesse, et parfois du bon goût. On ressort perplexe, un brin accablé, en se demandant ce qu’est devenue l’exigence artistique dans certains recoins du Off. Vilar, s’il nous entend, doit se retourner dans sa tombe — pas de rage, mais de tristesse. Gênant. À fuir.

··

Spectateur·rice

Spectateur·rice · via BilletReduc

Voir la fiche Claire Isirdi dans Poèmes pour pécho